Jean-Etienne

Parti faire un petit tour

0 notes &

Siem Reap et les temples d’Angkor

J’ai hésité à faire un titre avec un jeu de mot, parce que les jeux de mots c’est drôle. Mais les guesthouse “Encore Angkor” ou les bars “Angkor What?” sont légion à Siem Reap et donnent l’impression que tous les jeux de mots sont nuls. 

La ville n’a pas trop d’intérêt, même le Royal Garden ne vaut pas la peine de s’y attarder plus de 20 minutes. Si on vient à Siem Reap, dans la majeure partie des cas, c’est pour voir les temples. C’est donc une ville très touristique, qui ne ressemble pas trop au reste du Cambodge, en tout cas pour le centre, autour du vieux marché. On m’avait recommendé plusieurs fois une guesthouse, et je ne savais pas où elle se trouvait. Pas trop loin de la zone animée le soir, c’est à dire “Pub Street”, une rue au nom évocateur où il y a plus d’étrangers que de cambodgiens au mètre carré. 

Après une journée de repos, essentiellement passée à la guesthouse et dans les environs proches, on décide avec Charlie, mon compagnon de route depuis Phnom Penh et Battambang, de se lever tôt pour aller profiter du lever de soleil sur les temples. Renseignement pris auprès du personnel de la guesthouse, il faut partir un peu avant 5h si on veut jouir d’une si belle vue. Bien. Réveil 4h30, location de vélo et départ. On arrive vers 5h30 à Angkor Wat après avoir acheté un pass 3 jours sans avoir fait la queue, il n’y avait personne à cette heure ci à la billeterie. 

Il y a déjà pas mal de touristes, tous venu voir la même chose. Pas de chance, on ne verra apparaitre le soleil que vers 6h30, quand il sera déjà assez haut dans le ciel, en effet il y avait quelques nuages ce matin là.

Détailler notre itinéraire précis dans les temples n’aurait pas trop d’intérêt. Par contre les petites histoires qui font que ce séjour était fun et un peu détaché du circuit touristique sont plus à même de captiver le lecteur. Pour voir les temples et aussi ce qu’il se passe à côté, je vous encourage à regarder la séléction de photos, ici.

Il faut avouer que le choix de visiter à vélo, bien que la chaleur soit assomante, fut la meilleure idée. Cela nous permettait de s’écarter à volonté des circuits tracés, du flot de tuk-tuks et de découvrir parfois des petites perles, parfois des caillous sans intérêt. Par contre, le soir venu, après une journée bien remplie, de plus de 10h sur le vélo à marcher, courir, sauter dans les temples, le retour de 6-8km à Siem Reap, bien que plat, semblait difficile. Je dis semblait car nous ne l’avons jamais fait. Nous avons toujours trouvé des touristes sympas dans des tuk-tuks auxquels nous nous sommes accrochés. Le premier soir nous avons attrapé le tuk-tuk d’une famille de cambodgiens. Ils ne parlaient pas ou peu anglais, mais cela ne nous a pas empêché de rigoler avec les 7 occupants (oui oui) du petit véhicule pendant les 10-15 minutes de trajet. Le lendemain ce fut avec un couple d’anglais que nous avons réussi à approcher dès la sortie du dernier temple que nous avions visité, et qui nous ont transporté jusqu’à quelques rues de notre guesthouse. Le troisième jour, je visitais seul, et à l’aller j’ai réussi à trouver des touristes espagnols amusés de me voir m’accrocher à un tuk-tuk vide, alors quand ce dernier s’est arrêté, je me suis accroché au leur. Ils allaient quasiment au même endroit que moi, cela m’a bien fait gagner une bonne demie heure et un demi-litre de sueur.

Toujours grâce aux vélos, le deuxième jour nous nous sommes un peu écartés de la route pour nous reposer pendant les deux heures les plus chaudes, après avoir mangé, autour du lac Sras Srang. En repartant, un groupe de cambodgiens qui tuaient le temps en grignotant et en buvant nous interpelle en nous faisant comprendre qu’ils seraient ravis de nous offrir une bière. Ça ne se refuse pas. On s’assied à côté d’eux, un parle assez bien anglais, il est guide touristique en japonais, mais aujourd’hui c’est son jour de repos, comme pour tout ses amis. Enfin ça c’est pour la version officielle, en effet, parmi les amis, deux policiers, dont un chef local, j’avais remarqué qu’il avait un talkie-walkie à la ceinture. Je demande à un des types présent qui parlait un peu anglais et qui semblait naïf si son ami flic travaille aujourd’hui. Il me répond gentillement que oui, juste après quoi le guide lui met un petit soufflet et semble l’engeuler en khmer, sans oublier de nous rappeller juste après en anglais, “everyone has a day off today, we are all friends and enjoy the free time together”. Bref, on continue à boire, ils sont toujours aussi ravis de nous offrir une deuxième bière, on trinque à chaque gorgée, entrecoupée de grillons grillés.

Après une demie heure, on essaye de repartir, on veux vraiment visiter un dernier temple aujourd’hui. On leur fait comprendre qu’on s’en va, ils s’empressent alors de nous donner une troisième bière, en nous disant que c’est pour la route, que ça leur fait plaisir. Bon. D’accord !

On arrive finalement à Ta Prohm, le temple qui a volontairement été laissé avec sa végétation sauvage telle que les explorateurs l’ont supposément découvert. On se prend vraiment pour Indiana Jones dans cet environnement. Des arbres qui recouvrent des murs entiers, d’autres qui ont commencés à pousser depuis la toiture et qui s’élèvent désormais à plusieures dizaines de mètres. En profitant d’un mur à moitié écroulé, on se hisse sur le toit. Charlie commence l’exploration de la toiture, moi croyant être trop visible redescend. Je le rejoins quelques minutes plus tard par un autre côté. Évidemment il n’y a plus aucun touriste ici, les quelques bruits humains sont couverts par ceux des oiseaux. On s’y croit. On cherche en vain un coin sympa pour regarder le coucher de soleil sur le temple et faire de belles photos.

J’espère que les photos rendront justice à la beauté des lieux. Pour regarder plus de photos de Siem Reap, des temples et du Cambodge, c’est par ici :
http://www.flickr.com/photos/jeanetienne/sets/72157629344394349/ 

1 note &

4 jours à Battambang

Après avoir réussi à m’extirper du traquenard de Phnom Penh et avoir passé la nuit à discuter, j’ai fait mon sac en 5 minutes chrono et sauté dans un bus pour Battambang au petit matin. Inutile de préciser que j’ai dormi pendant la totalité des 6 heures de voyage.

La ville, deuxième plus grande du pays, est assez petite, et c’est agréable après une semaine dans le tumulte de Phnom Penh. Elle ressemble à toutes les autres villes que j’ai eu l’occasion de voir au Cambodge : des marchés sales et grouillant de vie, une circulation cahotique, des camions dont le chargement dépasse parfois de plus d’un mètre, avec des gens dessus pour tenir évidemment, des vélos, des tuk-tuks qui proposent de toutes les drogues et tous les types de massages, des vendeurs de nourriture sur leur carioles. Par contraste avec la capitale, la ville est tout de suite agréable. Plus petite, moins bruyante, moins agitée. 

Je retrouve Charlie, le perpignanais rencontré à Phonm Penh, dans une guesthouse bon marché et agréable. Un petit tour au marché central pour me rassasier et m’acheter du gel douche. La vendeuse m’en montre un, puis commence à en sortir d’autres. Je l’arrête. Peux importe le prix (très certainement pas cher) je prend celui ci. La marque : Parrot. Dommage que je l’ai perdu en arrivant à Siem Reap.

On loue une moto le lendemain pour aller visiter les alentours de la ville. Un temple au Nord, Ek Phnom. Un autre au sud, Wat Banan. En chemin, de nombreux marriages se préparent. Reconnaissables à leurs installation en bord de route, sortes de grande tente en tissu à la décoration trop kitsh, servant à abriter des tables pour tous les convives, une scène et surtout, une sono qui joue de la musique toujours trop forte. Souvent l’entrée de la tente est une porte en forme de coeur entourée de fleurs et les mariés se font prendre en photo devant.

En repartant de Wat Banan on se fait indiquer le chemin vers un troisième temple, en haut d’une colline, adjascent aux “Killing Caves”, des caves où étaient jetées les victimes des Khmer Rouges. On suit le chemin indiqué et la piste se finit en cul de sac. On demande notre chemin tant bien que mal au milieu des champs à des ouvriers en train de bâtir un canal d’irrigaition. On continue sur une autre piste. Au milieu de nulle part, un vendeur de glace à moto. On l’arrête. Il est aussi étonné de voir des “barangs” (étrangers) ici que nous de trouver un marchant de glace sur ce genre de piste ! Une glace plus tard on repart, et arrive enfin au temple au sommet de la colline. Des singes grouillent de partout, essaye de voler les boissons et la nourriture de tout le monde. Un s’est même approché de moi alors que j’étais assi et m’a ouvert une poche pour glisser sa main dedans ! Plus tard, je remarque un lance pierres à côté d’une vendeuse pendant qu’elle prépare des légumes. Son collègue remarque mon étonnement et, parlant assez bien anglais, m’explique que c’est pour chasser les singes et me passe le lance pierres pour que j’essaye. Le singes, habitués à se faire chasser de la sorte, fuient dès qu’ils aperçoivent l’arme, sautants de toits en toits, d’arbres en arbres. Un spectacle marrant. On passe aussi par les “Killing Caves” se rendre compte une fois de plus des atrocités qui ont pu être commises. 

Le lendemain, motivés par l’envie de se baigner dans la rivière et de voir de belles chutes d’eau, on part pour un tour de deux jours à moto, avec l’espoir de trouver de quoi dormir dans la cambrousse. Au pire on a des hammacs ! On pars donc pour le Cambodge profond, celui où ceux qui parlent bien anglais savent juste dire “Hello”. En route on demande notre chemin plusieurs fois en répétant le nom d’un petit village dans lequel on est censé quitter la route goudronnée pour prende une piste. Soit le plan était faux, soit le gens n’ont pas compris que quand on leur demandais “Phnom Cheu”, on voulais la direction vers le village qui porte ce nom, pas la montagne. Du coup on se retrouve bien trop loin, et on décide de prendre une autre piste. On trouve finalement un coin pour se baigner et manger un morceau. Plus tard on arrive dans un village, vraiment paumé, où à la tête qu’ils font lorsqu’ils nous voient, n’ont apparemment pas souvent rencontrés de blancs. Une quarantaine de maisons arrangées le long d’une piste assez plate et poussiéreuse, bienvenue à Samlaut. On essaye tant bien que mal d’espliquer à la gentille vendeuse en bord de piste, que l’on cherche des chutes d’eau, impossible d’avoir une information. Du coup on pars en exploration sur les routes environnantes. On trouve une chute d’eau. Ou plutôt un filet d’eau qui tombe sur deux ou trois mêtres entre les arbres avant de rejoindre la rivière. Qu’à cela ne tienne, nous reppartons visiter la “banlieue” de Samlaut, encore plus reculé, des maisons ça et là, des gens qui travaillent dans leur champs. De temps à autre une petite échoppe qui vend de tout et de rien. Comparé au Cambodge que j’ai connue pendant deux semaines, ici les gens paraissent plus fermés, moins accueillants. Un mélange de peur et de rejet se lit sur leurs visages. Est-ce parce qu’ils n’ont que trop rarement vus d’étrangers, ou parce que la plupart sont des ex-Khmer Rouges cachés dans la jungle et ne souhaitent pas trop le contact ? Nous avions déjà remarqué depuis quelques kilomètres que tous portent au moins un vêtement de type “camouflage de l’armée”…

A une intersection, un policier qui discute avec deux motards assez chargés nous parle en anglais. Le policier essaye de nous décourager de traverser la rivière et d’aller au prochain village, les motards et les gens de la maison d’en face n’attendent qu’une chose, que nous partions. L’ambiance est un peu tendue. On n’insiste pas et on repart en remarciant pour les infos.

A Samlaut, on demande si il y a une possibilité de logement dans le coin. On nous indique un village, Tasanh, un peu plus loin, à 30 minutes de piste. Par moment la piste est parfait, à d’autres on roule au pas. On arrive à Tasanh à la tombé de la nuit, on négocie une chambre à 5 dollars dans l’unique guesthouse du village. Le soir, à la recherche de quelque chose à manger, on se dirige vers l’intersection principale de ce petit village, où quelques familles vendent des eux durs et différents types de nourriture sucrée au bord de la piste, éclairé par quelques ampoules. N’arrivant pas à expliquer que l’on voudrais un plat de riz ou de nouilles basiques, on se résout à essayer leurs préparations. On pointent du doigt un genre de flanc, du riz gluant et des petite boulettes oranges. La bonne femme met un peu de tout ça dans un bol, pile une montagne de la glace directement depuis un énorme pain de glace avec une machine qui semble dater du 19 ème siècle, rajoute du lait concentré sucré, et d’autres choses. Bon appétit. C’est sucré, pas très goutu. Ca se mange, ca rassasie, c’est suffisant. Un oeuf dur et une mixture de bananes écrasées feront office respectivement de plat de résistance et dessert.

Le lendemain on repart sur les pistes à la recherche des coins de baignade indiqué sur notre carte imprécise. C’est surtout un prétexte pour visiter l’arrière pays, passer dans de nombreux villages, tous organisés autour de la piste principale, dire “hellooooo” à tous les gamins qui sourient en nous voyant passer et bouffer des tonnes de poussière. 

On trouve finalement un “river tourist resort”. Le gardien qui dormait devant dans un hammac veut nous faire payer l’entrée. Il n’y a personne, on dirais qu’un accident nucléaire a eu lieu. C’est à moitié construit, laissé à l’abandon, c’est déprimant. Merci, au revoir ! On continue notre recherche, et décidons finalement d’aller au prochain accès que nous trouvon, tant pis pour les “swimming spots” de la carte. Encore une après midi sur les pistes dans le Cambodge rural. Après deux jours sur les pistes et trois jours au total avec la moto, aucune chute, aucune crevaison. Cela devait nous arriver. Sur une piste, juste avant d’arriver à un énième marriage, on se rend compte qu’on est à plat. On est, une fois de plus, au milieu de nulle part. Par chance quelques personnes passent par là, on leur pointe notre roue creuvée. Un type comprend notre infortune, explose de rire et continue sa route, on l’entend encore rire alors que sa moto s’éloigne ! Finalement la maison juste à côté a de quoi réparer. La mère de famille ne sait pas faire mais appelle quelqu’un. Une vieille femme arrive et commence à démonter le pneu. Un énorme clou a causé trois trous dans la chambre. Trois rustines cambodgiennes (celles qu’il faut faire bruler pour qu’elle se soudent à la chambre) et au moins 4 personnes qui participeront à la réparation. On remercie tout le monde, on paye pour les pièces et c’est reparti. On arrive à Battambang, et ça fait bizarre de revoir des étrangers après deux jours sans en voir un seul !

Le jour suivant, en début d’après midi on se décide à aller faire un tour de “bamboo train” une des attractions connues de Battamabang. C’est un petit chariot de bambou avec un moteur de tondeuse à gazon (ou équivalent) qui permet de relier quelques villages en périphérie de Battamabang. C’est aussi devenu une attraction (très) touristique. À peine arrivé à la “gare” on se fait sauter dessus par les policiers de la “Police touristique” qui nous expliquent le principe et le prix de ce train. C’est cher. Après 10-15 minutes de train on arrive dans un petit village où là aussi des vendeurs de canettes nous sautent dessus. Un papi qui parle à peu près français nous invite à s’asseoir devant chez lui et nous propose des boissons au double du prix habituel… Des gamines commencent à nous faire faire le circuit touristique du village, la fabrique de riz, l’usine de brique. Elles ont 13 ans et connaissent leur discours en 5 langues, connaissent leur blagues bien rôdées. Bref on s’est fait avoir dans un piège à touristes.

Le soir on va voir une représentation de cirque, précédé d’un petit concert. Le cirque de Battamabang est assez connu, c’est une association qui tient une école d’art visuels et de cirque pour aider les enfants pauvres de la région. Le billet d’entrée est un peu cher pour le Cambodge, le public est essentiellement, sinon entièrement composé d’étranger. Deuxième activitée de type “circuit touristique” de la journée, mais là au moins on ne se sent pas volé.

On finira la soirée sur la terrasse de la guesthouse à discuter avec une turque, deux étasuniens, un allemand, un slovène, une espagnole et une francaise. Pour des raisons de budget, je ne suivrai pas Charlie sur le bateau le lendemain, mais prendrai un simple bus pour aller à Siem Reap où l’on se rejoindra dans l’après-midi.

Retrouvez plus de photo de Battambang, les alentours et le Cambodge sur flickr : http://www.flickr.com/photos/jeanetienne/sets/72157629212668863/

1 note &

Une Petite Pause à Phnom Penh, Pourquoi ?

Pour Pouvoir faire un titre avec Pleins de “P” ! Les derniers jours avant d’arriver à Phnom Penh j’ai ressenti tous les symptômes de ce que j’avais déjà repéré plus tôt et que j’appelle la “lassitude du voyageur”. C’est ce sentiment d’être blasé quoi que l’on voit, quoi que l’on fasse, quoi que l’on vive. Et c’est très dommage. Imaginez vous que vous soyez devant un paysage superbe, vous savez que c’est beau parce que vous vous en rendez compte consciemment, mais plutôt que d’être émmerveillé, vous avez juste envie de rentrer à l’hostel pour glander, lire un bouquin au mieux.

J’ai eu la chance de me rendre compte de ça assez vite, je pense que le pire ce serait de ne pas s’en rendre compte. Rentrer de voyage en disant “Ouais le Cambodge c’est cool mais je me suis un peu fais chier, les paysage sont pas excetionnels et la vie sur place est banale…”.

On m’avait dit que Phnom Penh n’était pas une ville qui valait la peine de passer trop de temps, j’envisageais donc de prendre une pause dans une ville de province tranquille. Et puis je suis arrivé au “Lakeside” dit “le traquenard”. Autrefois un quartier au bord du lac comme son nom l’indique, aujourd’hui il ne reste du lac qu’un terrain vague, après qu’un prommoteur immobilier ait fait remblayé tout ça il y a quelques mois, dans le but d’y construire quelque chose, personne ne sait encore quoi…

À l’époque du lac, le quartier était connu pour être quasiment coupé de la ville, m’ont raconté des “anciens”. On pouvait y passer des journées sans sortir. Guesthouses, restaurants et bars, tous construits sur le lac au fur et à mesure des années. 

En arrivant dans le quartier pour la première fois on se demande si on ne s’est pas trompé d’endroit. Des maisons à moitié détruites, des tags partout, des commerces fermés qui ne semblent pas vouloir rouvrir. C’est une impasse mais il y a quand même quelques tuk-tuks, qui proposent, même de jour, de la marijuana et toute autre sorte de drogue, dès qu’on a décliné l’offre de transport. “Hey my friend, I can help you, anything you want. You smoke ? You want a girl ? A boy !?!”. L’ambiance quartier, guettho, bidonville est assurée !

J’y trouve une guesthouse pas cher indiquée dans le LonelyPlanet, pleines de francais. Je fais le check-in et commence à poser quelques questions au gérant sur le visa Lao et les bus depuis ici. “Ok, we’ll se this later, relax, have a seat” en me pointant la zone du rez de chaussée ouverte sur l’impasse remplie de canapés, avant d’ajouter “if you want you can smoke, you need a joint, you can buy here”. Malgré l’interdiction légale, ici personne ne se cache de vendre des happy shakes (milk-shake avec de l’herbe) ou tout autre type de happy food…

Même sans fumer on se sent bien dans ce quartier. À part les locaux il y a des “personnages”. Des touristes sexuels biensûr, des alcooliques échoués ici, qui ne repartiront peut-être jamais, des touristes qui apparaissent de temps en temps, une bande de togolais bruyant mais qui serrent invariablement la main à tous le monde. Je rencontre un Nantais en voyage pour trois mois dans le sud-est asiatique et qui va rentrer dans pas longtemps, un voyageur au long terme de perpignan et un autre français établi en Thailande, qui est de passage pour plusieurs semaines. Une petite bande réunis par les coincidences et qui connaissent aussi quelques français qui vivent à Phnom Penh. Je m’intègre à ce petit groupe et pendant une semaine j’aurais l’impression d’habiter à Phnom Penh et d’avoir des potes avec qui sortir, discuter, partager des expériences… Et oublier que je n’étais pas émerveillé par les paysages du Sud Ouest.

Retrouvez plus de photos de Phnom Penh et du Cambodge sur flickr : 
http://www.flickr.com/photos/jeanetienne/collections/72157628984799439/ 

0 notes &

Phnom Penh, un album sur Flickr.Une petite pause d’une semaine à Phnom Penh. Une sélection de marchés, monuments khmers et vues depuis les toits, de nuit.
Phnom Penh by nightPhnom Penh by nightPhnom Penh by nightPhnom Penh by night

Phnom Penh, un album sur Flickr.

Une petite pause d’une semaine à Phnom Penh. Une sélection de marchés, monuments khmers et vues depuis les toits, de nuit.

0 notes &

Une petite erreur de parcours et un quartier improbable

Sihanoukville c’est l’équivalent cambodgien de Mui Ne. Avec moins de russes et plus de français. Beaucoup de bars, restaurants, hotels et de guesthouses proches de la plage, et la ville cambodgienne organisée essentiellement autour du marché, quelques rues plus loins de la plage. La plage la plus proche, appelée “Serendipity beach” est assez belle, beau sable, pas trop pollué, avec plein de bars/restaurants à même le sable, proposant des happy hours quasi permanentes. C’est là où tous les touristes-fêtards type “spring break” se retrouvent.

Si vous voulez une ambiance un petit peu moins touristique et plus calme, l’idéal c’est “Otres beach”. 5 kilomètres au sud de la ville en passant par une route qui se transforme en piste, après être passé à côté d’un mini bidonville le long de la route, vous arrivez sur une autre enfilade de bars/restaurants. Plus espacés et moins nombreux cette fois ci, les restaurants sont moins remplis en général. En continuant après le dernier restaurant/bar/guesthouse vous arrivez sur une plage enfin libre. Des khmers pèchent des coquillagent tout en jouant au ballon. Les filles se baignent habillées, et parfois même les garçons. 

En continuant encore, avant d’arriver à la fin de la plage et son minuscule village de pêcheurs, il ya a une dernière enfilade de guesthouses. Cette fois-ci c’est le calme absolu. Bungalow à 2 mètres du rivage, vous pouvez littéralement dormir dans un lit sur la plage, dans une petite cabanne, souvent accompagnée d’un hammac. Pas un bruit, juste celui des vagues sur la plage ou des glaçons dans le pastis. C’est là que j’ai découvert, au détour d’une conversation avec un français travaillant dans l’une de ces guesthouses, qu’ici ils connaissaient tous la (célèbre) bande du Café de la Poste. 

Dernier soir à Sihanoukville, je suis censé prendre le bus le lendemain vers 7h30. Je sors avec quelques copains de dortoirs dans un bar sur la plage sans avoir oublié de prendre quelques verres au bar de l’hostel. Puis vers 2-3h on décide d’aller se baigner, on s’éloigne de la zone des bars encore ouverts. Les affaires sont sur le sable, on ne se baigne pas à plus de 10 mètres. Cela n’empêche pas les filles de s’étonner que leurs affaires ont été déplaçées, et nos poches vidées. Quelques dollars et mon téléphone seront les seuls pertes à déplorer. Tant pis.

Retour à la piscine de l’hostel, la nuit passe ainsi, sans dormir. À 8h je monte dans le bus bien décidé à dormir les 5 heures qui me séparent de Kho Kong. Je m’assied à côté d’une croate un peu étrange mais sympatique, Andrea, et on commence à discuter. J’avais lu que les alentours de Kho Kong vallaient la peine. Les montagnes des Cardamomes, quelques chutes d’eau. Je me disais que c’était un bon moyen aussi de s’éloigner du parcours touristique trop classique. Andrea me dit qu’elle essaye de voyager cheap, et que son budget journalier tourne autour de 5 dollars. Parfait ! Enfin quelqu’un à qui je n’aurais pas besoin d’expliquer que je préfère manger dans la rue plutôt que dans un restaurant. En descendant du bus on se met à la recherche d’une guesthouse pas cher. Toutes sont complète. La ville est un trou, ça sent l’ennui mortel ici. On trouve finalement une guesthouse crade et pas terrible avec une chambre de deux lits pour 9 dollars. Andrea est sûre de pouvoir trouver moins cher. Elle repars à la chasse pendant que je garde les sacs à l’ombre. Elle trouve finalement une guesthouse tenu par un allemand, en bois, sur piloti comme c’est souvent le cas par ici, un petit bar terrasse en hauteur qui donne sur la rue. 5 dollars la chambre et ça a l’air plus sympa que tout ce que l’on a vu avant. 

Je pars à la recherche d’une location de moto pour aller profiter des paysages dont j’avais entendu parler, et prend un billet de bus pour Phnom Penh, décidé à ne pas rester trop longtemps dans ce trou. Moto louée, plein fait, on pars à la recherche d’une cascade avec un plain fait à main levée par le loueur… De toute façon il n’y a qu’une route. 5km après la sortie de la ville il se met à pleuvoir. On s’abrite en attendant que cela passe. Cela ne passe pas, cela empire. On rentre finalement moins d’une heure, bredouille, trempés. J’arrive à expliquer au loueur que je n’ai à peine utilisé sa moto et qu’il est même gagnant au change, il a du pétrole dedans maintenant. Il rechigne mais est d’accord pour ne rien me faire payer. Son collègue, abrité dans un tuk-tuk juste à côté, entendant la discussion et mon argument principal de “you have free petrol now!”, me tend une bière en rigolant et en se moquant de moi, “hey my friend, free beer for you!”.  Retour à la guesthouse où deux vieux anglais habitant en Thailande s’engeule avec deux vieilles voyageuses allemandes à propos des droits des femmes. Je prend mon bus le lendemain un peu avant 8h, direction Phnom Penh. 

Après une heure et demie de marche en plein soleil j’arrive dans la guesthouse supposément la moins chère. Dans un quartier qui ressemble un peu à un bidonville je me fais indiquer le chemin par un togolais. De la vue sur le lac vantée sur tous les guides et les site internets, il ne reste qu’un remblai. Il a été décidé de construire des appartements de luxe là où il y avait, parait-il, une ville dans la ville. Des maisons sur pilotis et des vendeurs en bateaux sur le lac il ne reste qu’un terrain vague et des bulldozers. Quartier improbable, guesthouse improbable…

Quelques photos du Cambodge sur flickr : 
www.flickr.com/photos/jeanetienne/collections/ 

Notes &

Kampot, un album sur Flickr.Une ville tranquille, des singes au milieux de la route, des couchers de soleil magnifiques. Mes premières images du Cambodge.
KampotKampotKampotKampot

Kampot, un album sur Flickr.

Une ville tranquille, des singes au milieux de la route, des couchers de soleil magnifiques. Mes premières images du Cambodge.

1 note &

Good bye Viet Nam !

Après une semaine lente et tranquile à Mui Ne je me suis remis à un rythme de voyageur. De plus, les festivitées du “Têt” (nouvel an vietnamien) se rapprochant, le pays fonctionnant au ralenti et les prix sont multipliés par 2 ou 3, je voulais un peu me presser de sortir du pays avant d’être bloqué par la date de fin de mon visa et devoir faire des choix qui m’auraient certainement coûtés cher. J’ai donc passé seulement 2 nuits à Saigon. Arrivé en début d’après midi de Mui Ne, j’ai visité la ville à pied, le lendemain matin je suis parti visiter les tunnels de Cu Chi, revenu en début d’après midi j’ai continué ma promenade à pied dans les rues. J’ai gouté mon premier durian et “jackfruit”, ai enfin réussi à négocier un prix (une mangue à 15 000 au lieu de 40 000, la vendeuse faisait un peu la geule en me rendant la monnaie…) et le lendemain matin j’ai pris un bus pour Can Tho, direction le Mékong ! Pour une fois c’est un bus d’une compagnie nationale pas forcément touristique et je suis le seul étranger. Arrivé à Can Tho j’arrive à éviter les taxi-motos et je m’oriente pas trop mal (merci le GPS de l’iPhone !), je trouve un hotel pas trop cher (compte tenu du contexte), mais la gérante est peu aimable. 10 dollars la chambre, j’ai pas trop le choix, je prend. Je pose mon sac et pars faire un tour dans les rues alentours. Sur deux rues c’est la caverne d’Ali Baba de la quicaillerie. Des dizaine de petits vendeurs qui proposent de tout. De toutes les tailles de vis, écrous, boulons aux tubes, fils de fer et cercaux de serrage. Le outils, chaînes, câbles, cadenas, clefs ne sont pas en restes. Des types soudent accroupis dans sur le troittoir, en sandale, sans lunettes de protection. Finalement je trouve une guesthouse qui était dans le Lonely Planet, c’est moins cher, ça a l’air un peu plus sympa, c’est dans une petite ruelle un peu à l’écart. J’annule la chambre à l’hotel et m’installe finalement dans cette guesthouse où je rencontre trois étudiants français en voyage inter-semestre. 

-“Et vous faites quoi ?” 

-“On est étudiants en école d’ingénieur”

-“Ah ouais, où ?”

-“À Lyon, INSA, je sais pas si tu connais…”

Oui oui, je connais un peu…

Un petit échange de ballon avec un gamin et son père dans une ruelle, un détour par un marché en bordure de la rivière, puis un autre, une bonne platrée de riz et légumes seront les événements de mon après midi.

 

Le lendemain, 5h30 je suis sur un petit bateau avec deux autres type. Un médecin italien dans la cinquantaine et un cadre anglais dans la trentaine. C’est parti pour un tour de 8h pour aller se promener sur le Mékong et surtout voir les fameux marchés flottants. On arrive à un premier marché peu après le lever de soleil. C’est comme on l’imagine. Plein de bateaux en bois transportant fruits, légumes, fleurs et autres, se déplaçant les uns entre les autres assez habilement, s’échangeant pastèques, mangues ou bonzais d’un pont à l’autre. Le plus étonnant c’est le calme de tout ça. Apparemment une règle veut que dans la zone du marché on utilise le moins possible le moteur, juste pour arriver ou partir. Pour naviguer entre les bateaux, tout (ou presque) se fait à la rame. Il y a donc peu de bruit. Au milieu de tout ça quelques bateaux de touristes, et des bateau épicerie proposant café et boissons. 

On navigue encore presque une heure pour arriver à un autre marché, plus petit, encore plus calme. Avec l’anglais et l’italien on s’achète un kilo de clémentine en passant à côté d’un bateau, notre guide achète des pomelo et des ananas qu’elle nou préparera plus tard tout en barrant la barque. Un détour dans la mangrove, les petits caneaux, on pose le pied à terre pendant presque une heure et on marche le long des canaux, à passer des ponts de plus en plus petits (parfois un simple tronc), pendant que notre chauffeur-guide nous suit avec le bateau.

Retour en déut d’après midi, Can Tho est une toute petite ville, j’en avais déjà quasiment fait le tour la veille mais il fait beau et c’est intéressant de voir toute cette agitation dans les rues en préparation du Têt. Des marchés temporaires de fleurs, de bonzaïs et autres éléments religieux inconnus.

Bus à 3h30 le lendemain, mon réveil sonne une heure trop tôt car mon téléphone, se croyant en Chine avait ajusté l’heure. Un peu plus de 7h plus tard je me retrouve à la frontière avec l’anglais qui était aussi dans la même guesthouse. À la sortie du bus les taxi-motos nous proposent de nous trouver une voiture pour passer la frontière et nous amener jusqu’à Kampot. 20 dollars chacun. C’est un peu cher, mais au milieu de nulle part il ne semble pas y avoir beaucoup d’autres solutions. Sortie du Viet Nam, no-man’s land, oh, un casino ici ! En dehors de toute législation… Visa cambodgien, entré au Cambodge, on remonte dans la voiture direction Kampot. Tous les hostels bon marchés sont complets, on se dirige vers une guesthouse à 5 dollars la chambre. Correct. 

On loue une petite moto et on pars se promener dans le parc national sur la montagne à côté. Un joli coucher de soleil, un retour de nuit sur une route non éclairée avec un phare inutile et des voitures qui ne jugent pas nécessaire d’enlever leur plein phares… Sur le retour on s’arrête à un bar qui nous avait été recommandé, au bord de la rivière. Bonne ambiance.

Le lendemain je me trouve un lit dans un dortoir, Rich lui préfère rester dans la guesthouse. On pars à moto à Kep et en chemin on s’arrête dans une plantation de poivre, très renommé dans la région. Kep, mini ville en bord de mer avec quelques restaurants et bars. On mange là au bord de l’eau dans des hammacs. Sièste, discussions avec les conducteurs de tuk-tuks, on continue la route sur le bord de mer. Le soleil va pour se coucher, une halte bière au bord de l’eau s’impose. Retour à Kampot, la soiré continue au bar de l’hostel où on joue aux dés avec le barman. Les perdants doivent boire un shot de vodka au poivre (de Kampot). Les gagnants aussi. La soirée se termine au même bar que la veille, petite beignade dans la rivière entre deux gorgées de pastis pendant que le barman-pianiste-batteur-guitariste-chanteur finis sa session live-music.

Innocemment je met mon réveil à 10h30-10h45 me rappellant avoir vu qu’il y avait un bus pour Sihanoukville aux alentours de 11h30-12h et que de toute façon il y en avaient assez fréquemment, ce n’est qu’à 2h30. Je me lève, me douche et fais mon sac sans trop me presser. À 11h je rend mes clefs au gérant et lui demande où je peux attrapper le prochain bus pour Sihanoukville. “T’as de la chance, il est juste devant la porte, c’est le bus de 11h, demande si il reste de la place, vite !”. Je m’étais trompé, c’était pas 11h30-12h, mais bon, je l’ai quand même eu ! Je suis donc désormais à Sihanoukville pour deux nuits, je pense…

Retrouvez plus de photos des marchés flottants de Can Tho et les première images du Cambodge sur flickr : http://www.flickr.com/photos/jeanetienne/collections/ 

1 note &

Mes plans

Quand je parle par chat ou par mail, on me demande souvent où je suis, quelles sont mes prochaines destinations, quand je compte rentrer (si je compte rentrer)… Alors pour le “où je suis actuellement”, le mieux c’est encore de lire ce blog. Je met rarement plus d’une semaine pour publier un nouveau billet, et vu que je voyage par moyens terrestre, en une semaine généralement je ne suis pas beaucoup plus loin.

Pour ce qui est du futur, voilà ce qu’il en est pour l’instant. À l’heure actuelle je suis au Vietnam, et je compte continuer à visiter l’Asie du Sud-Est en passant “au moins” par le Cambodge, le Laos, la Thailande et un peu en Malaisie, pour terminer chez Maxime à Singapour. Entre temps il est prévu que j’aille aux Philippines. Ca c’est pour la partie strictement minimale de mon voyage, c’est l’objectif bas que je me suis fixé. J’espère que les finances me permettront au moins de faire tout ça…

Ensuite, si mes finances sont vraiment trop bonnes, pourquoi pas aller en Birmanie (en avion cette fois ci), et ensuite ca me ferais vraiment rêver d’aller en Australie, et pourquoi pas aussi la Nouvelle Zélande. Sur la route il y a l’Indonésie, pourquoi pas s’y arrêter quelques jours, voire quelques semaines ? Mais bizarrement l’Indonésie n’est pas un pays qui m’attire énormément. C’est peut-être parce que je ne connais absolument rien de ce pays…

L’Australie et la Nouvelle Zélande sont des pays développés, riches avec un haut niveau de vie. Donc si je veux rester plus de 5 jours là bàs, il me faudra trouver un job sur place. Mon temps de séjour sera donc conditionné par mes recherches. On verra, je vous tiendrais au courant sur ce blog en temps utiles.

Ah oui, souvent les gens avec qui je parle finissent la conversation par “profite bien”. Je tiens à vous rassurer tous. Je profite à fond. J’espère que tous un jour vous aurez l’occasion de vous réveiller et vous dire “Cela fait plus de 4 mois que je suis en vacances, et ce n’est même pas la moitié !”. Ca n’a pas de prix. Enfin si. Et c’est plutôt cher. Mais on se comprend.

Un exemple ? Je me réveille vais me chercher un énorme sandwich bien savoureux pour 0,60 €, je vais me caler sur la plage pour les manger. Sur le retour, sur le trottoir en face, des types de l’hostel s’occupend de ramasser des noix de coco pendant qu’un autre au sommet de l’arbre les décroches. Quand ils ont fini je le rejoins pour goûter une noix fraichement ouverte et les aider à ramener les autres à l’hostel. Il fait chaud, la vie est calme et lente…

1 note &

Des odeurs et des sons

En un peu plus de 4 mois et demie de voyage j’ai déjà pris plus de 3000 photos. J’ai fait une petite pause forcée quand mon appareil photo a décidé de prendre des vacances pendant aqualques jours. Mais de toutes ces photos, aucune ne vous permet d’avoir une expérience totale, et j’aimerai vous faire partager ces autres sens qui sont sollicités. Je pense surtout aux odeurs et aux sons…

Pour les sons je pourrais faire de petites vidéos, mais c’est pas aussi facile. Pour les odeurs, je vais devoir faire appel à votre imagination et mes meilleurs talents de description.

On s’imagine -ou tout du moins je m’imaginais- l’Asie comme étant un voyage autant dans les paysages que dans les odeurs. La nourriture dans la rue, les épices, les ingrédients exotiques, les fruits et légumes inconnus… Et c’est le cas ! Et tout cela a une incidence sur une odeur bien particulière. Celle des toilettes publiques. C’est quelques chose de remarquable en Chine, il y a des toilettes publiques gratuits partout. Et souvent, c’est là le sujet de ce billet, il n’est pas nécessaire de se référer aux panneaux pour les trouver. Les toilettes publiques ca pue, et en Chine, ca pue différemment. Non pas que je sois un spécialiste en la matière, mais vous serez d’accord, on ne connait que trop bien l’odeur des chiottes. Tout le monde y est passé et continuera d’y passer, si bien que quand on va dans des toilettes qui pues, on ne fait même plus attention, ca pue et puis c’est tout. Arrivé en Chine j’ai du me rendre compte à l’évidence, c’est une odeur différente. Cela doit donc venir de la nourriture, de l’environnement.

Il faut rajouter à cela le spectacle que constituent les toilettes publiques. Deux côtés évidemment, homme et femme. Je ne connais que le côté homme, et c’est invariablement la même chose. Une enfilade de toilettes turques. Vous pensiez les toilettes turques minimalistes ? ils ont réussi à les rendre encore plus spartiates. Pas de murs, même pas de cloisons ou de séparateurs. Juste un enchainement de trous dans le sol avec des surfaces anti dérapantes sur les côtés (qui ne remplissent qu’à moitié leur rôle). Donc si c’est l’heure de pointe cela ressemble à une rangée de bonshommes accroupis en train de lire un journal et de faire la grimace. Souvent la chasse d’eau ne fonctionne pas ou peu. Un régal de la vue et du nez, et encore, je vous ai fait la version édulcorée…

Pour ce qui est des sons, Pékin est assez décevant, mais c’est pour le mieux. C’est une ville que j’ai trouvé calme. Même sur les grosses avenues il y a peu de bruit. Au Vietnam c’est une tout autre histoire. Le klaxon fait partie intégrante de la façon de conduire. Mes premiers jours à Hanoi j’étais stupéfait par la quantité de deux roues. Partout, dans toutes les rues, tous les sens. Peu d’intersections ont un feux tricolore, donc pour traverser il faut se jeter à l’eau, prendre son courage à deux mains, avancer lentement mais sûrement et ils vous évitent. Camions, camionettes, voitures, triporteurs, scooters, vélos. Tous se faufilent, s’évitent et surtout se klaxonnent les uns les autres. Vous pouvez vous imaginer facilement ce bruit, le plus étonnant et éxotique, c’est la variété de klaxon qu’ils ont. Cela ne fait pas juste “bip”. Certains commencent fort et mettent près de 5 secondes à s’arrêter en réduisant le volume graduellement, comme pour imiter une voiture qui klaxonnerai en s’éloignant. D’autres en klaxonnant une fois produisent un son répétitif régulier, lui aussi diminuant pour imiter l’éloignement. Les camions avec des klaxons à en faire pâlir la caravane du Tour de France. Certains ont comme avertisseur de marche arrière, au lieu du simple “biiip biiip” que l’on entend souvent près des chantiers, des sonneries en deux ou trois notes, comme les musiques de Tétris. Tout ce brouhaha de circulation mélangé avec les cris des vendeurs essayant de vous arracher quelques Dongs, les taxi-motos répétant dans un anglais approximatif “motorbike, motorbike, where you going ?”, et à la nuit tombée ajoutant souvent “marijuana, marijuana ?” contribue à faire de l’ambiance des rues Vietnamienne quelque chose d’unique pour moi jusqu’alors.

0 notes &

Conseillez moi des livres

J’ai dévoré la biographie de Steve Jobs à Pékin, j’ai lu l’Alchimiste en 4 jours et mon voyage en train de 30h entre Shanghai et Nanning a été rendu un peu plus agréable notamment en lisant un roman d’espionnage pas trop mal.

J’ai donné l’Alchimiste à un Canadien à l’hostel à Nanning en échange d’un livre sur Lao Tseu. et j’ai laissé le roman d’espionnage dans la bibliothèque de ce même hostel. Dans les deux cas j’ai écris une note sur la première page disant que ce livre pouvait être pris gratuitement et que j’encourageais les gens à le donner ou le prendre avec eux et le laisser ailleurs quand il l’ont fini. En quelque sorte faire voyager les livres. Ce n’est pas une idée nouvelle, ni même originale, le bookcrossing (bookcrossing.com) existe depuis plusieures années. 

Mais là je l’ai fait à ma sauce, en collant un autocollant “You Are Beautiful” sur la deuxième de couverture et en demandant à ce que chaque personne qui lise ma note, si elle le veut, m’écrive comment elle a eu ce livre, et où. C’est comme jeter une bouteille à la mer, et attendre qu’on me réponde. On verra.

En attendant j’ai acheté un autre livre, mais quand je rentre dans une bibliothèque je ne sais jamais trop quoi prendre. Je ne suis pas (encore) un grand lecteur et je ne connais pas le grands classiques, ou les “livres qu’il faut lire”, les auteurs en vogue ou les best-sellers. Tout ça m’est inconnu.

Donc si vous avez une idée de livre qui vous a inspiré, qui vous a fait réfléchir, sur la condition humaine, les voyages, la découverte (de soi) et d’autres thèmes qui seraient plus ou moins lié à mon voyage, n’hésitez pas à me conseiller un livre. J’attend vos suggestions dans les commentaires. Déchaînez vous, lachez vos comms’ !

1 note &

Je vous présente mon nouveau chapeau

Comme je vous l’avais raconté, mon fidèle chapeau noir, mon premier chapeau, m’avait été volé à Irkutsk. J’avais donc passé la Mongolie et la Chine sans chapeaux, ce qui avait valu à ce bon Sergueï, mon hôte sur l’île d’Olkhon, de m’offrir un bonnet parce que “il fait froid à Oulan-Bator” (il a raison).

En un mois et demie à Pékin je n’ai pas trop pensé à ça, et puis arrivé à Shanghai et surtout à son “Fake Market”, je m’étais dis que j’aimerais bien me retrouver un chapeau noir. Un pas cher, comme ca si on me le vole, que je le perd ou l’abime, ce ne sera pas trop grave financièrement. 

Pour ça le Fake Market est parfait. Je trouve un chapeau noir qui semble presque me plaire. Je l’essaye, fait semblant de ne pas l’aimer… Et puis je demande le prix. 150 Yuans. “Quoi, mais c’est hors de prix, je le veux pour 70 max !”. La vendeuse rentre dans le jeu, me dit que c’est à peine le prix auquel elle l’achète et ne peut me faire ce prix. Elle me propose 120. Je fais mine de partir, mi-dégouté mi-énervé. Elle me rattrape, “hey my friend…” et me propose 100. Je lui dit que 70 c’est 70. Elle concède finalement à 80.

Puis je fais encore mine de ne pas trop être sûr, de ne pas trop aimer ce chapeau. Je m’en vais en lui disant que je vais en regarder d’autres et que je reviens le prendre après. À ce moment là je ne savais pas que c’est assez mauvais de ne pas acheter quand on a négocié comme ca. Heureusement cela n’aura aucune conséquence par la suite. Je regarde les autres boutiques, aucun chapeau digne de ce nom.

Je reviens voir la vendeuse, elle me rappelle “hey, ok for 80 ?”. Je lui dit que j’ai changé d’avis, que je ne veux pas mettre plus de 50 pour un chapeau. Le même jeu de “je m’en vais, tu me rattrapes” prend place, et j’arrive finalement à avoir mon chapeau de 150 Yuans à 50 Yuans (6,20 Eur). 

Voici celui qui n’a plu quitté ma tête depuis. Je le porte tous les jours pour cacher mes cheveux que je refuse de couper.

0 notes &

Mui Ne Beach

Pour moi Mui Ne ce sont des petites “vacances” dans les vacances. Même si je ne considère pas que je suis en vacances mais plutôt en train de réaliser un projet de voyage, là ces jours ci je suis en vacances. Je ne fais pas grand chose de mes journées (et donc je ne dépense pas trop), je me promène sur la plage, je met à jour mon blog (d’autres billet sont prêts et vont être publiés prochainement)…

La ville est répartie principalement le long d’une longue rue qui suit la côte. Entre la rue et la côte, des hotels, des resorts, des bars, des paillotes, des petits restaurants etc. De l’autre côté, la même chose.

Le premier jours le bus me dépose au milieu de la partie la plus touristique, en face d’un d’hotel de plage. Je leur demande si ils ont des dortoires, non, complet. Une chambre ? $55 ! Ok, merci. Je pars voir les adresse que j’avais noté, celles du Lonely Planet et d’un autre guide que j’avais recopié. Tous complets. Pas vraiment d’hostel, surtout des hotels, des resorts et des guesthouses. Je m’éloigne un peu du centre et trouve une guesthouse avec de la place. Une chambre simple, climatisation, grand lit. $20. Un peu cher, ca fait mal, mais ca rentre dans mon budget si je ne dépense pas grand chose de plus. Je m’installe, et cherche un peu plus sur internet. Je trouve une guesthouse avec des dortoires. Je vais vois, en effet ils ont de la place dans le dortoire. Trop tard j’ai payé ma guesthouse et déballé mon sac dans la chambre. Je m’assure qu’ils me gardent un lit pour le lendemain et pars me promener. 

Cela ressemble à une cité balnéaire vivante comme n’importe qu’elle autre, mais quand même avec cette saveur de Vietnam qui la rend plus exotique à mes yeux. Le plus étrange c’est que tout est écrit en russe. Apparemment la forte affluence de touristes russes venus pratiquer ou apprende le kite surf et la planche à voilre a suffit à convaincre les commerçants à traduire la quasi totalité de leurs panneaux.

Donc depuis 2-3 jours mes journées sont constitués de promenades sur la plage en début d’après midi. D’un côté la mer, quasi-surpeuplée de kitesurfers, de l’autre côté la plage quasi-surpeuplée de charmantes russes en bikinis. Ensuite je rentre me détendre (comme si j’étais tendu) dans le patio de l’hostel, et le soir je sors pratiquer un peu ce qu’il me reste de russe avec de charmantes ukrainiennes ou de gros russes.

Retrouvez plus de photos de Mui Ne ou du Vietnam sur flickr : http://www.flickr.com/photos/jeanetienne/collections/

1 note &

Dalat

Après Hué et Hoi An, le trajet “classique” que font les backpackers qui voyagent du Nord au Sud du Vietnam, c’est Nha Trang. Je me renseigne un peu, c’est une ville côtière, touristique, connu pour ses plages. Plus loins une autre ville, plus petite, Mui Ne semble avoir le même attrait. J’entend de tout, des gens disent préférer l’une, ou l’autre, l’une est nulle, l’autre géniale… Dans le Lonely Planet Mui Ne est décrite comme une petite ville touristique et avec des alentours jolis, Nha Trang est touristique, bardée de grands hotels et sans réel charme.

Mon choix est fait, je vais à Dalat. J’irais à Mui Ne ensuite.

J’avais retenu Dalat pour sa forte influence française supposée. Je me disais que ca devais être intéressant à voir. Je prend donc le bus de nuit, correspondance à Nha Trang le lendemain matin, puis une superbe route d’abord légèrement vallonnée puis qui s’enfonce dans la montagne ensuite. Des rizière, des chapeaux pointus encore. La montagne avec de la forêt tropicale, inédit pour moi !

J’arrive à Dalat en fin de matinée, le bus nous pose en face d’un hotel où se rue la grande famille de francais qui était aussi dans le bus. On me propose une chambre à 7 dollars. Ca rentre dans mes prix, mais ce n’est pas un hostel de backpackers, et je recherche cette ambiance. Le Lonely Planet que j’ai est plutôt avare en adresses et j’aperçois une française, Carole, qui était dans le bus elle aussi, partir en direction du centre avec un Guide du Routard à la main. Je la rejoins et lui demande si elle a trouvée de bonnes adresses. Étonnée de m’entendre parler français elle m’explique qu’elle veut essayer un mini-hotel qui a peut-être des dortoirs, à trois rues d’ici. Le Guide du Routard c’était trompé, plus de dortoirs, par contre des chambres très correctes et pas chères. On opte pour une chambre à deux lits pour 7 dollars. En montant vers l’hotel on était passé devant un bureau de Easy Riders (bande de motards-guides en vogue au Vietnam), après avoir posé les affaires on retourne les voir. Ils nous proposent un tour d’une journée et, si cela nous plait, un tour de 4 jours avec destination finale Mui Ne. C’est vrai que c’est plus sympas que le bus. Même en négociant le prix pour n’avoir qu’un guide pour deux et une simple moto pour moi cela reste cher.

On prend l’après midi pour réfléchir et se promener dans Dalat. On commence par aller chercher à manger. Dans une petite ruelle, une vielle dame arrive a comprendre avec des gestes que l’on veut manger. Elle déballe tout ses ustensiles, débarasse la petite table en plastique et les tabourets à même la rue et commence à préparer quelque chose. Impossible d’arriver à lui demander ce que c’est et combien ca coûte. Ca a l’air nouveau et bon, alors tant pis, on espère juste que ce ne sera pas trop cher. Un assortiments de différentes sortes de raviolis, quelques crackers et d’autres spécialités. C’est bon, très bon. 0,60 €. 

On pars faire le tour du lac et profiter du soleil. Je bois ma première noix de coco. C’est fun, ca fait vraiment vacances !

Finalement on retourne les Easy Riders en fin d’après midi. On décide de ne faire qu’un tour d’une journée, l’autre tour de 4 jours est vraiment trop cher pour son budget comme pour le mien. En soirée on retrouve Li et Chris, les deux américano-vietnamiens que j’avais rencontré à l’hostel de Hue et qui m’avaient convaincus de faire le trajet Hue-Hoi An à moto. On se promène un peu dans Dalat de nuit, surtout autour de la place du marché, qui grouille de vendeurs de nourriture de rue, et autres vendeurs de babioles, le tout rempli par un bon nombre de passants. On va ensuite prendre un verre et on rentre chancun dans notre hotel après avoir conclu que l’on ferait le tour de demain ensemble, plus on est de fous plus on rit, n’est-ce pas ?

8h30 le lendemain on se retrouve devant les Easy Riders pour partir. Carole et Chris sont derrière un guide sur une moto, Li et moi avons chacun notre petite moto. On pars d’abord voir une pagode, la plus grande du vietnam apparemment. Puis ensuite le village du poulet, un village d’une minorité ethnique avec une sculpture d’un poulet de 6-8m de haut. En route on s’arrête voir une femme qui fait du papier de riz (genre de crêpe de riz très fine), on va voir une culture de champignons, un élevage de vers à soie, un cascade (polluée). On s’arrête pour manger. La table est remplie de diverses mets. Tous plus bons les uns que les autres !

On repars ensuite en direction d’un atelier où ils exploitent la soie des cocons de vers à soie. Une fabrique d’alcool de riz, on goute l’alcool qui sors de l’alambique à 70° et ils nous expliquent ce qu’est le “café de belette”. C’est le café qui est produit avec les graines que les belettes ont mangées puis… Ensuites ils vont les chercher dans leurs excréments. Comme ces belettes ne mangent que les meilleurs graines, ce café est réputé bien meilleur. Il coût d’ailleurs beaucoup plus cher qu’un café “normal”. Ils ont donc un élevage de belettes aussi.

Enfin on pars voir une serre à fleurs, après avoir fait un bon bout de chemin sur les routes de montagne. Un régal.

Le soir, nous allons manger sur les grandes marches à côté du marché, Li nous assure y avoir mangé la meilleur “Bun Rieu” (soupe avec des nouilles de riz et des boulettes de viande avec du crabe) de tous le temps. Ce sont des mini tabourets et des mini tables en plastique disposées là où il y a de la place et chaque vendeur dispose de son immense marmite d’eau chaude dans laquelle il réchauffe les nouilles et fait le reste de la soupe à la demande, en un temps record. Les passants nous évitent, personne n’est étonné de ce genre de scène. En effet c’est très bon, et ca coute un peu moins d’un euro.

Ce jour là j’aurais pour la première fois : mangé des pates de poulet, comme le font les chinois (accroupi au sol en crachant négligeamment les os), mangé du calmar séché et braisé en direct, acheté une bouteille d’eau (depuis que j’étais au vietnam je n’avais bu que de la bière…), mangé des escargots.

Une journée bien remplie qui se termine par de bonnes discussions et de bonnes rigolades autour d’un verre avec Carole, Chris et Li. Le lendemain matin je prend le bus pour Mui Ne.

Retrouvez plus de photos de Dalat et du Vietnam sur flickr : http://www.flickr.com/photos/jeanetienne/collections/72157628806875349/

1 note &

Hué et Hoi An

Wow, en fait ca faisait longtemps que j’avais pas écris ! Je vais faire vite (edit : en fait non…).

Je suis donc parti en train de Hanoi en direction de Hué. Train couchette dans lequel les gens de mon gabarit doivent (je suppose) se mettre eux aussi en diagonal pour tenir en entier dans la couchette, heureusement peu d’asiatiques me dépassent (en taille j’entend). Une cabine de 6 couchettes, 3 étrangers et 3 vietnamiens dont une championne de Tae Kwon Do. Parmi les étrangers, une américaine qui étudie à Hanoi, et qui parle un peu viet, et un touriste irlandais. Discussions entre étrangers en anglais, la japonaise de la cabine d’à côté s’invite dans la discussion. Elle ne parle pas très bien anglais mais parle mieux vietnamien. Elle s’invite à manger dans notre cabine et nous raconte ce qu’elle discute avec la championne de Tae Kwon Do en mangeant un oeuf qui contient le poussin semi développé, en-cas typique.

Arrivé à Hué dans la matinée, sous un temps gris et avec une pluie fine, je rejoins l’hostel en marchant au bord de la rivière. Conforme au style de l’hostel de Hanoi (c’est les même gérants), un hostel avec une bonne ambiance à l’occidentale, un bar au rez de chaussée, des balcons devant les dortoirs pour pouvoir se relaxer, des employées charmantes et souriantes. Je me sens bien ici !

Je vais chercher une spécialité locale pour le repas de midi, le Banh Kohai, sorte de crèpe fourrée et passée à la friteuse, puis quelques nems de viande. L’après midi je vais me promener dans la ville sous la pluie fine. Bord de la rivière, ville fortifiée, citadelle, et ensuite je pars me perdre dans les quartiers non touristiques. Là, à côté d’un arrêt de bus sponsorisé par la région Nord-Pas-de-Calais, un vieux viens me parler, il se souviens de quelques mots en français. Je passe voir un petit temple, je m’achète des petits dumplings complets très bons et très peu chers. 

Le soir je vais me chercher un peu de riz avec du boeuf au coin de la rue après avoir bu quelques bières avec d’autres backpackers à l’hostel. Seul client (les vietnamiens mangent tôt apparemment !), je discute avec la gérante et elle m’apprend à dire “Bonne année” en vietnamien : Chúc mủng năm mỏi !

Soirée de réveillon du nouvel an en boite, réveil à 15h. Classique. Première bière de 2012 à 17h. Normal. Dans l’après midi, histoire de dire que j’aurais fais quelque chose de la journée je pars essayer de la nourriture que j’ai vu dans la rue et que je ne connaissais pas.

Le jour suivant je loue une moto (un scooter à vitesse en fait) pour aller voir les tombes, un des attrait touristique de la ville. On ne me demande pas mon permis, ni même si je sais conduire un deux roues, voilà les clefs, rendez le avant 19h monsieur. Ok. On me l’a expliqué comme étant un “manuel”, moins cher que les moto “automatiques”. Donc naivement je me dis que la seule poignée sur le guidon est l’embrayage. 10 mètres, premier virage et je veux passer la seconde pour m’engager sur la grande rue donc je tire à fond “l’embrayage”. C’était le frein avant. Première gamelle en moins d’une minute. Des passants et d’autres motards s’arrêtent pour m’aider à relever la moto. Rien de grave, juste le rétroviseur qui est tombé, même pas cassé. Je regarde, je n’ai rien, je n’ai pas mal. Je repars. Je trouve un type avec un tournevis pour me remettre le rétroviseur et repars à la recherche d’un magasin pour faire réparer mon appareil photo. Rien de concluant, c’est donc avec un appareil photo défectueux que je pars visiter le tombeau de Minh Mang. En route une femme commence à engager la discussion tout en roulant. Elle se propose de me montrer le chemin, méfiant mais ayant foix en la bonne volonté des vietnamiens je décide la suivre. Heureusement qu’elle était là, je ne suis pas sur que j’aurais trouvé avec les maigres explications que l’on m’avait donné.

Elle m’attend dehors pendant que je visite et quand je lui dis que c’est bon je peux retrouver mon chemin tout seul, elle insiste et m’accompagne jusqu’à la grande route, se gare, me fais signe de m’arrêter et m’explique qu’elle a 5 enfants et que la vie est difficile avec elle et qu’un peu d’aide serait apprécié. La voilà l’astuce ! Je me disais bien que tant de gentillesse n’était malheureusement pas gratuite…

Le soir je retrouve des américains d’orgines vietnamienne que j’avais rencontré la veille à l’hostel, on va prendre un verre, puis manger avec quelques unes des employées de l’hostel qui ne travaillaient pas à ce moment là. Un repas vietnamien avec des vietnamiens. Je tente de les suivre sur la partie épicée. C’est difficile.

Le lendemain je devais prendre le bus pour Hoi An, et en fin de matinée je vois les américano-vietnamiens, le manager de l’hostel en repos pour deux jours, et des amis à lui se préparer pour aller à Hoi An à moto. Une expérience à ne pas manquer selon eux. Il fait beau pour la première fois depuis plusieurs jours, ciel bleu. J’hésite. Eux vont partir mais ils m’assurent que c’est quelque chose que je devrais faire. J’ai déjà payé mon billet de bus, et puis seul cela me semble un peu difficile de rouler sur les autoroutes vietnamiennes… Puis les trois serbes rencontrés la veille commencent à se chauffer aussi pour abandonner leur ticket de bus et le faire. Allez, avec trois compagnons de route ça peux le faire.

Moins d’une demie heure plus tard tout est prêt grâce à l’efficacité des employées. On pars donc à moto pour un trajet de 4h. Nous mettrons plus de 7h. Entre temps on traverse le “vrai vietnam”. Les rizières, des chapeaux pointus partout dans les champs, des “water buffalos”, des vaches au milieu de la route, des camions qui doublent par la droite, des temples par dizaines le long de la route… Tout ca sous un temps radieux. Le rêve. Je suis juste déçu de ne pouvoir prendre de photo fautes d’appareil en état de marche. C’est peut-être mieux ainsi, sinon je me serais certainement arrêté tous les kilomètres pour prendre des centaines de clichés.

On passe une zone vallonnée, puis un petit col. On se rend compte qu’on est un peu lent. On arrive finalement dans Danang, la grande ville la plus proche de Hoi An à la nuit tombée. Rush hour. Des cyclos de partout, dans tous les sens, une interprétation du code de la route qui est toute particulière. C’est difficile de se suivre, et sans aucun téléphone sur nous il nous est impossible de se retrouver si on se perd. On roule donc tous collés dans le traffic et les klaxons incessants. Puis on perd le dernier, Branimir. On l’attend quelques minutes, le voilà. On se dit qu’on se suit serré, on s’explique tous la route et on repart. On sors de la ville et là de nouveau plus de Branimir. On attend 5, 10, 15 minutes. Rien, il a du prendre une autre route, ou alors on ne l’a pas vu passer… On attend encore un peu et on se résigne à continuer. On arrive enfin plus de deux heures après l’horaire prévu. Branimir est là à l’hotel, il nous attendait !

Je passe deux jours à Hoi An, à me promener dans la vieille ville avec Branimir et les deux autres serbes quand ils ne sont pas en train de se faire tailler des vêtements de soie sur mesure. Je prends à nouveau des photos, mon appareil ayant miraculeusement décidé de fonctionner à nouveau. Puis le deuxième soir je prend un bus de nuit, dans lequel je dormirais étonnamment bien, pour aller à Dalat.

Retrouvez plus de photos de Hué et Hoi An sur flickr, un classeur de photos est dédié au Vietnam :
http://www.flickr.com/photos/jeanetienne/collections/72157628806875349/